Borders

Le point de départ de ce travail se situe dans la jungle de Calais, à la veille de l’évacuation du bidonville en 2016. Sur ces quelques kilomètres carrés de sable et de broussailles, j’ai rencontré des réfugiés qui cherchaient abri. Des femmes, des enfants et des hommes réunis dans l’espoir d’une dernière traversée. 
Parmi les nombreuses photographies que j’ai réalisées, j’en ai retenu une, celle du jeune homme accroupi face au mur de grillage qui bloque l’accès au port. 
J’ai composé Borders autour de cette photographie. Non pas comme une série, ni tout à fait comme un récit : plutôt comme un recueil photographique, avec pour motif la tension entre l’effacement et l’épaisseur des paysages.
Borders est un ensemble de photographies prises dans une temporalité flottante et des espaces incertains. En ne situant pas les prises de vue - à l’exception de la Jungle, ce non-lieu -, j’ai volontairement gommé la carte, pour soustraire mon travail à une lecture strictement documentaire. Car les paysages de souffle et de silence que je photographie sont d’abord les miroirs de récits intimes, faits de glissements. Ils tracent un fragile liseré entre le réel et l’imaginaire, le souvenir et le présent. Je suis cette ligne de crête, travaillant l’ombre plutôt que l’objet. 
Mais Borders serait un contresens si cet ensemble n’était que continuité. Les frontières divisent, tuent. En provoquant la mise en tension de fragments de paysage, j’ai installé une atmosphère de gravité et voulu sonder le vertige du vide. 
Car, de l’au-delà, que reste-t-il ? L’épaisseur d’un voile, le relief de mots, l’impression de la photographie, pour sceller la possibilité d’une rencontre et d’un dialogue.

 

Borders

Le point de départ de ce travail se situe dans la jungle de Calais, à la veille de l’évacuation du bidonville en 2016. Sur ces quelques kilomètres carrés de sable et de broussailles, j’ai rencontré des réfugiés qui cherchaient abri. Des femmes, des enfants et des hommes réunis dans l’espoir d’une dernière traversée. 
Parmi les nombreuses photographies que j’ai réalisées, j’en ai retenu une, celle du jeune homme accroupi face au mur de grillage qui bloque l’accès au port. 
J’ai composé Borders autour de cette photographie. Non pas comme une série, ni tout à fait comme un récit : plutôt comme un recueil photographique, avec pour motif la tension entre l’effacement et l’épaisseur des paysages.
Borders est un ensemble de photographies prises dans une temporalité flottante et des espaces incertains. En ne situant pas les prises de vue - à l’exception de la Jungle, ce non-lieu -, j’ai volontairement gommé la carte, pour soustraire mon travail à une lecture strictement documentaire. Car les paysages de souffle et de silence que je photographie sont d’abord les miroirs de récits intimes, faits de glissements. Ils tracent un fragile liseré entre le réel et l’imaginaire, le souvenir et le présent. Je suis cette ligne de crête, travaillant l’ombre plutôt que l’objet. 
Mais Borders serait un contresens si cet ensemble n’était que continuité. Les frontières divisent, tuent. En provoquant la mise en tension de fragments de paysage, j’ai installé une atmosphère de gravité et voulu sonder le vertige du vide. 
Car, de l’au-delà, que reste-t-il ? L’épaisseur d’un voile, le relief de mots, l’impression de la photographie, pour sceller la possibilité d’une rencontre et d’un dialogue.

 

Borders#15Bourse du Talent /// l'expo