The pavement and the beach /// Vernissage

Exposition collective /// The pavement and the beach

Du 8 juillet au 13 août 2011, rdv à Londres - Paradise Row gallery. Mike Finch et Guillaume Paris sont les commissaires de l'exposition collective The Pavement and the beach, inspirée du slogan "Sous les pavés, la plage". Une réflexion sur ce que sont devenues les utopies et la pensée critique de mai 68. J'y expose une photographie réalisée lors des grèves de 2009 en Martinique. Pendant plus d'un mois, chaque jour, le peuple a réclamé - entre autres revendications - la baisse des prix pratiqués dans la grande distribution.

Catégories /// Expositions
03 juillet 2011

Histoires de quartier /// Vernissage

Invitation de l'exposition /// Histoires de quartier

Première exposition à l'Atrium pour les élèves de l'école Mireille Gallot ! Les photographies qu'ils ont réalisées dans le cadre de l'atelier que Jean-Louis Saiz et moi-même avons animé seront dévoilées le 29 juin 2011 à la Galerie La Véranda. Une belle reconnaissance pour le talent de ces enfants qui ont repéré et photographié les lieux et les ambiances de leur quartier, loin des clichés répandus sur Trénelle-Citron. Près d'un millier de prises de vues ont été réalisées et au final, 100 photographies sont choisies pour devenir les cartes postales « sensibles », comme des messages-hommages à Trénelle-Citron.

Catégories /// Expositions / Résidences
24 juin 2011

Regard sur le monde /// Vernissage

Invitation /// Vernissage /// Regard sur le monde

Jeudi 7 avril, 18h30, à l'Atrium de BNP Paribas aura lieu le vernissage de mon exposition Regard sur le monde. 

L'exposition sera présentée du 7 au 20 Avril 2011 à l'Atrium de BNP Paribas au 14 rue Bergère à Paris. 

Catégories /// Expositions
02 avril 2011

Maroc épuré

Couverture du livre Maroc épuré

Le romancier Tahar Ben Jelloun m’a offert pour Maroc épuré, ma première série photographique éditée, une préface. Je continue de la lire comme une « lettre à un jeune photographe » et ses mots ont durablement guidé mes pas.. Chokrane !

Publication de l’ouvrage Maroc épuré /// Préface de Tahar Ben Jelloun /// Edité en novembre 2009 par les éditions Senso Unico.

" Ce qui reste est inexplicable. Telle l’illusion de dire un pays, de montrer une ombre, de couvrir un bruit par une mince feuille de papier. Image d’une durée sèche qui fond devant l’émotion. Le regard se couche sur la ligne juste sans prétention, une prière pour que le souvenir bref soit restitué. L’oeil a fait le choix de la lenteur sur la route d’un chant enveloppé dans le brouillard. Derrière l’invisible, ce qui reste. Un monde qui n’appartient qu’à celui qui cherche à capter quelque chose que nous ne voyons pas ou qui nous est si proche que nous la négligeons.

Ainsi le travail de Jean-Michel André se situe entre la magie de la vie quotidienne, c’est-à-dire modeste et même pauvre, et la quête de l’infini. Il parvient à contourner la trappe du malentendu inhérent à l’art de la photographie, la transforme et en joue afin que la photo ne soit pas l’ombre de la vie mais la vie même telle que nous ne savons pas la voir.

Comme le romancier, le photographe est un cambrioleur du réel. Vol à l’étalage, vol à la tire, vol par effraction, vol par inadvertance. Mais ce qu’il prend, il sait le restituer, soit isolé et embelli, soit réintroduit dans la vie au point de redevenir un objet parmi tant d’autres objets.

L’artiste est celui qui marche, l’évidence dans les yeux. Mais il est habité par le doute, étreinte pudique du crime et de la passion qui le blesse. Ce rapport au réel est forcément miné par l’exercice de la photographie qui va au-delà d’une transmission d’images.

Les photographies de Jean-Michel André qu’il rassemble dans cet ouvrage sont faites au Maroc, à Rabat, Tanger, Azemmour, Tafraoute, Marrakech, Tiznit et Casablanca. C’est un Maroc intérieur, intime, invisible. L’image s’érige en mystique de ce qu’on ne voit pas, de ce qu’on ne sait plus voir. Le regard maintient l’énigme au sommet puisque le pays est là mais dans une nudité qui nous fait baisser les yeux.

La blessure n’a pas de refuge. Elle est là dans cet amas de caisses en bois ou dans ces objets utilitaires oubliés ici ou là. La lucidité est à la mesure du renoncement de celui qui a réalisé que l’âme souffre quand le corps s’égare. Paysages taciturnes, pierres trompeuses, silhouettes dans la brume, dans la faille du vent et de l’oubli. Jean-Michel André avance sans déranger la poussière, sans que l’irrationnel merveilleux ou inquiétant ne s’érige en vérité.

Le poète est celui qui perçoit la vérité là où personne ne se préoccupe de son existence. Il ne la célèbre pas avec tapage, mais s’y soumet avec élégance et joie. Les photographies de Jean-Michel André ont quelque chose de cette joie subtile et discrète. Dépouillement, discrétion, pudeur, là sont les chemins par lesquels il passe et ne s’en vante pas.
Ce Maroc qu’il nous présente est à la frontière du réel tant sa vérité est puissante mais recouverte d’images qui se superposent comme des mots qui s’entrechoquent et finissent par composer une phrase longue et incompréhensible, car « l’intelligence est l’incompréhension du monde » (Henri Bergson). "

Tahar Ben Jelloun
Tanger 5 août 2009

Catégories /// Édition
06 décembre 2010